Les scientifiques affirment que le manque de neige est dû au réchauffement de la terre. Notre curé, l’abbé JOSSERAND avait déjà constaté ce phénomène. Le 5 novembre 1921, il notait dans son agenda :

« M. Pierre MARIN CUDRAZ me fait remarquer qu’il serait bon d’inscrire la disparition du glacier de Foiroux. De mémoire d’homme et de tradition, jamais ce gros névé devenu glace n’avait cessé d’être visible au loin. Il avait un voisin, celui des Plachaux. Mais les vieux se rappellent qu’il avait fondu vers le milieu du XIXème siècle.Ansi posé pour le souvenir ! »

Cependant, deux ans après, le 6 janvier 1923, il écrivait à son évêque :

« La période de Noël fut terrible pour nos braves montagnards… Ici toutes les avalanches sont descendues et quelques-unes deux ou trois fois. II y eut hélas trois victimes dans ma paroisse et un ouvrier de Manant sur celle de Flumet. Grâce aux skis, je pus être assez vite sur les lieux du sinistre [1]. Je ne pus qu’absoudre sous conditions les engloutis et encourager les fouilleurs par ma présence. Un pauvre jeune homme de 22 ans était littéralement aplati sous sa maison toute neuve… un jeune cheval, 7 vaches, les moutons, les porcs… tout broyé !

M Pierre BIBOLLET du Plan fut le premier enlevé en venant à la messe le dimanche 23… Je suis dans la désolation ! Et si la neige ne se grignote pas, par un mois ou deux de soleil, je redoute plus encore pour mes pauvres gens… Nous avons deux mètres de neige au chef-lieu… « 

[1] Il s’agit de l’avalanche survenue au « Maigre », le 28 décembre 1923, dans laquelle moururent Jean-Marie JOGUET et sa soeur.