Lorsque nous avons pris connaissance du « Livre du Bénéfice » écrit par le Révérend COLLOUD, curé de La Giettaz de 1768 à 1795, document qui nous a été gentiment adressé par l’Académie Salésienne, nous avions déjà édité notre livre n° 1 concernant cette période et nous n’avons pu l’utiliser. Aussi, nous vous proposons d’en découvrir quelques extraits dans nos gazettes. Le curé a noté dans ce cahier les événements marquants survenus pendant son ministère, notamment ceux concernant le temps.

« En 1768, 69 et 70, la tempête endommagea un peu les prises [1], mais le 4 août 1770, il y eut un dégât d’eau qui entraîna beaucoup de terre du côté des Iles, une bouvée avec 60 brebis, les digues des moulins, et toutes les planches [2] du torrent des Arondines. En automne, il y eut une gelée et ensuite la neige couvrit plus de trente journaux de blé qui fut perdu.

En 1771, si le Roi n’eut pas,fait passer du Piémont des blés en Savoie, la, famine eut été générale. Cette même année 1771, il tomba de la neige les 16, 17 et 18 juin comme si c’eut été en janvier. Elle descendit jusqu’auprès du bourg d’Ugine. Il fallut de tous côtés descendre les vaches des montagnes où l’on a commencé à faire repaître que le 21. Je fis, le 19, un port de Sacrement aux Aravis où j’avais de la neige jusqu’aux jarrets. Il est aisé déjuger du préjudice qui s’en suivit.

En 1778, après une sécheresse de plusieurs mois, il commença à pleuvoir par intervalle à mi septembre et les 24 et 25 octobre, il plut si abondamment que durant la nuit du 25, les eaux accompagnées d’un vent qui découvrait les maisons et déracinait les arbres, firent des dégâts considérables dans toute la Savoie : Plusieurs maisons entraînées et quantité de moulins, presque tous les ponts emportés ou rompus comme ceux de l’Hopital [3], de St Martin, Flumet, Pont neuf, Etrembières et des ravines de toutes parts, les chemins rompus et plusieurs personnes emmenées … »

[1] récoltes

[2] ponts de bois

[3] Ancien nom d’Albertville